A la recherche des tendances perdues

 

Source: style.com

Passé l’excitation de la fashion week Automne-Hiver 2015/2016 (was I really that excited by the way ?), où j’avais adulé une fois n’est pas coutume Victoria Beckham, louché sur quelques silhouettes d’Haider Ackermann et Maison Rabih Kayrouz, rêvé de ce sublime manteau de fourrure vert chez Dior, ralé sur la énième collection grunge avec tutu en prime de Saint-Laurent, oublié la première collection de Guillaume Henri pour Nina Ricci, fait une indigestion d’imprimés chez Kenzo, cherché les tendances et en conséquence y perdre mon latin, je me suis empressée de regarder le désormais célèbre documentaire de Melle Agnès et Loïc Prigent « Habillés pour l’hiver 2015-2016 ».

J’espérais y trouver une petite synthèse éducative à l’usage des femmes averties en quête d’inspiration créative et de perles passées inaperçues. Déception! Comme le dit si justement Melle Agnès : « il n’y avait plus de tendances tellement il y en avait ! ».

Mais, après réflexion, la situation est peut-être bien moins désespérée qu’elle n’en a l’air. Qui dit floraison de tendances, dit floraison de possibles. Qui dit floraison de possibles, dit les créateurs vont peut-être enfin se laisser aller à être re-créatifs (récréatifs ?).

Dans le monde de la surenchère qu’évoque Melle Agnès en introduction de son documentaire « On n’a peur de rien, c’est la fashion week ! », j’ai eu super peur en voyant Mademoiselle Anna Dello Russo et son vestiaire fashion week !!!

– Anna Dello Russo est rédactrice en chef du Vogue Nippon et reconnue pour l’excentricité/exubérance et la théâtralité de ses tenues. OK !

– Forbes la dit la femme la plus photographiée de l’univers de la mode. OK !

– Elle a 762k abonnés sur son compte instagram. C’est beaucoup. OK !

Mais dans ses happenings certes chatoyants, où s’arrête la théâtralité ? Où commence l’absurde? Si l’on en croit l’article de madame.lefigaro.fr du 27 fevrier 2015/Anna Dello Russo, égérie du bizarre, Anna ne s’habille qu’en 100% podium. Sorry Anna. Sauf votre respect, la vraie vie des femmes qui aiment la mode, c’est quoi ? Travailler pour la majorité et plus souvent dans des univers réfractaires aux fashion statements que pas (je passe sur les scènes ô combien trépidantes de la vie quotidienne : cou-courses au supermarché par ex.). On a toutes besoin d’inspiration, de muse, d’idole. On a toutes envie de folie, d’exaltation, de sortir du cadre, d’oser mais pas en mode « perché ». Et c’est là où l’exercice se complique : where is the inspiring-no total look-fancy-wearable-fashion statement?

J’aurais très sincèrement préféré que Mlle Agnès nous invite dans son vestiaire fashion week parce qu’il n’y a pas une seule de ses tenues que j’aurais jetée. Ses silhouettes ne nous donnaient pas de fil à retordre : il y avait du chic, du cool, du structuré, du un peu coloré mais pas trop, des pantalons courts, des pantalons très longs, des tombers de matière à se damner… liste non exhaustive. C’était inspirant et portable.

Un vrai délice ! So hats off to Melle Agnès ! Vous m’inspirez et vous avez une abonnée de plus sur votre compte Instagram.