Brooklyn Rive Gauche – Attention Hipsters à Bonnets En Vue

Le Bon Marché, « épicentre de la mode » selon leurs propres termes, nous offre une rentrée Brooklynienne où la sélection des créatifs locaux est censée refléter l’art de vivre et l’énergie du « borough ».

Youpi, me voilà partie en goguette avec Bertie, rue de Sèvres, espérant prolonger un esprit de découverte déjà tant sollicité pendant les vacances!!!

A regarder la couverture du catalogue du Bon Marché, quelques détails néanmoins me chiffonnent. Quel est le rapport entre Brooklyn et Long island? Le graphiste aurait-il pu pousser la réflexion un peu plus loin et nous offrir un peu moins de réservoirs d’eau qui sont certes une cacactéristique new yorkaise mais pas exclusivement brooklynienne?

Catalogue-ter

 

Commençons par les vitrines:
La thématique est simple voire simpliste: représentation de briques, illustrations de réservoirs d’eau et autres échelles et escaliers métalliques, quelques paquets de chips, des bonnets, des plantes grasses et des pêle-mêles à la lecture douteuse…

Entrons maintenant dans le magasin.

Je ne m’attarderai pas sur le RDC où les manteaux et colliers pour chiens, les livres sur NYC et Brooklyn , la Brooklyn beer (que serait une exposition  sur Brooklyn sans Brooklyn beer, me direz-vous, bière tellement exotique qu’on la trouve à peu près dans tous les quartiers de Paris) ne me semblent pas particulièrement pertinents et spécialement authentiques.

Au premier étage, je découvre une offre plus étoffée, il est vrai.

Sur un ilot central près des bougies Dyptique, je trouve un grand nombre de petits accessoires en tous genres estampillés Brooklyn et d’autres censés évoquer le fameux quartier. L’assortiment a le mérite d’être commercial et accessible en terme de prix.

Un peu plus loin, le textile Homme se taille la part belle indéniablement.

Les marques Kinfolk,  Save Kakhi, Knickerbocker, Brooklyn Circus, Brooklyn Taylors et bien d’autres sont représentées.  Sans nul doute, les silhouettes illustrent la très célèbre culture streetwear internationale du moment, portées par les non moins célèbres hipsters à barbe et bonnet des grandes métropoles: beaucoup de tee-shirts et sweat-shirts graphiques ( dont le sempiternelle I Love Brooklyn), des chemises, des chinos, des jog pants, quelques rares vestes et parkas (à l’approche de températures moins clémentes, je suis étonnée de trouver aussi peu de vestes d’outerwear sur les portants mais j’imagine que les acheteurs ont leur raison que ma raison ignore ?!)) et des bonnets bien évidemment! Que serait la représentation de la culture Streewear sans un vaste assortiment de bonnets…
Quelques pièces sont belles mais aucune révolution n’est annoncée. Je ressens une certaine frustration de ne voir aucune marque apporter un brin de fraicheur ou de renouveau. Tout ceci est quelque peu consensuel mais dans l’air du temps incontestablement.

Côté textile Femme, 3 marques s’imposent: Yune Ho, coréenne fabriquant ses pièces à Brooklyn, Ulla Johnson, expression d’une mode bobo très internationale et Harvey Faircloth, impossible à décrire.  Nouvelle illustration que le textile Femme est en crise? Peu de créateurs s’y risqueraient-ils? Très certainement. Et visiblement la distribution n’est pas plus à l’aise compte tenu des mètres carrés qu’elle lui alloue…
J’ai en revanche un vrai coup de coeur pour la marque Yune Ho. Le design est recherché, les formes sont travaillées, les matières sont belles et donnent envie de s’y lover.

Et c’est donc face à ce stand qu’une reflexion sur le rôle d’un grand magasin s’impose à moi. Au delà des assortiments classiques offerts par ce type de distribution et des objectifs de résultats, il me semble que ces expositions, en plus de générer du trafic, se doivent de montrer les nouvelles forces créatives émergentes et se positionner en tête chercheuse. A l’exception  de Yune Ho, ce n’est pourtant pas ce qui me marque dans cette exposition.  Quel dommage!

Ensuite, je fais un tour dans les étagères de delicatessen sans faire un arrêt au coffee shop qui ne m’inspire guère, m’évoquant une trop pâle copie de ces quelques cafés parisiens où l’on trouve de sérieux baristas au choix de cafés sûr et aux patisseries soignées.
La Brooklyn Beer est de nouveau représentée. On trouve du popcorn (WOW), de la ginger ale (WOW), du granola (le muesli des hipsters), des chips… j’en passe et des meilleurs! Je m’en retourne sans la moindre petite friandise à découvrir. Quelle tristesse pour la gourmande que je suis!

Enfin, dans la rubrique « Divers », quelques céramiques et objets de deco originaux dénotent particulièrement chez Workaday Handmade et quelques accessoires font envie chez Saint Ash of Brooklyn, Mr Carter, Maptote et M.N. Davis & Sons. Mais cela reste, selon moi, anecdotique.

So what? Je suis déçue. J’espérais trouver une offre qui dépasse les clichés.  L’exposition sur le Japon l’année dernière me semble avec du recul beaucoup plus riche.