Printemps/Eté 2016 – London Collections: MEN

A première vue, je ne sais quoi penser des Collections MEN présentées à Londres depuis vendredi. Ou plutôt si.

A chaud, l’impudente que je suis s’est moquée. Je me suis moquée du côté « madame de-un peu mémère » de mon chouchou J.W. Anderson avec un pic d’hilarité en voyant les chausses et les queues de ratons laveurs.  J’ai virevolté de lien en lien chez Craig Green, pourtant tant attendu, en me demandant quel était le message subliminal derrière ses seins dégoulinants (excuse my french!).  Je me suis demandé ce que les cerisiers en fleurs faisaient sur les silhouettes un tantinet hip hop d’Astrid Andersen et ce qui avait bien pu se passer dans les têtes du trio Sibling pour revisiter une NFL de façon aussi grotesque. Enfin, quand j’ai vu le top de bikini porté tel un trophée autour du coup et les morceaux de sparadraps bien alignés chez Christopher Shannon, les bras m’en sont tombés… Shocking, isn’t it?

LONDON-MEN-SS16
Source: Style.com

Allons-nous voir notre population masculine affublée de la sorte? Bien évidemment non. Même si ces créateurs ont un grand talent voire du génie, on ne voit pas leurs créations dans la rue… A juste titre, me direz-vous! On peut longtemps débattre sur le fait que les silhouettes de défilés restent sur le podium et ne descendent pas dans le rue. Mais quand il s’agit de « montrer », ce sont les concepts créatifs et le no-limit qui priment.

Comme le dit très justement Michel Pastoureau dans Bleu: « l’écart reste toujours et partout considérable entre le vêtement de mode mis en scène par les médias et qui ne concerne qu’un pourcentage infime de la population, et le vêtement réellement porté par l’ensemble des classes et catégories sociales. Le premier change chaque saison, le second se transforme selon des rythmes beaucoup plus lents. »

Effectivement, ces créations extrêmes vont s’infiltrer lentement et sûrement dans les vestiaires et affecter les vêtements du quotidien. Comment et quand? c’est la question existentielle du jour.

Ce qui m’oblige à une seconde lecture des défilés. Que doit-on retenir de ces créations afin d’entrevoir le futur du vestiaire masculin? J’ai beau me gratter la tête avec effort, l’exercice est complexe.

Je retiens une tendance majeure: le pantalon large. Il est avec ou sans pinces et avec ou sans revers. Cela annonce-t-il la mort du skinny pant? Réponse dans quelques saisons…

Source: Style.com