Printemps/Eté 2016 – Prêt-a-Porter Homme MILAN

Au risque de lancer un pavé dans la mare, les défilés de Milan sont bien moins fou-fous que ceux de Londres. On y voit sur les podiums  des  silhouettes définitivement portables dans la rue. C’est le savoir-faire italien, au même titre que Londres nous offrait la semaine passée quelques exemples du savoir-faire de Savile Row. Tradition et classicisme, que l’on retrouve chez Marni, Fendi, Salvatore Ferragamo, Bottega Veneta …

Mais ceci n’empêche pas les débordements douteux de certains qui ont besoin, face à leur débandade commerciale, de relais visuels grand-guignolesques et chichiteux.

J’enchaîne donc en toute logique avec Gucci et Mr Alessandro Michele. L’envolée « Deschiens » et la réitération des effets de transparence des blouses me fait me demander si cette marque mérite d’être prise au sérieux. Détournement du vestiaire féminin? Mélange des genres? Non on se moque des hommes.  Shocking, again!

Gucci-PE-16
Source: Style.com

Chez Prada, ce n’est plus le grand-guignolesque qui dérange mais le côté « petit garçon » des shorts très courts et des graphismes de fusée, voiture de course et petit lapin. En revanche, je relève la délicate subtilité de l’association des couleurs, talent incontesté de Mademoiselle Muccia Prada et les fits de pantalons plus larges qui confirment une petite révolution en marche. Malheureusement, cette collection Homme a probablement pâti d’être présentée avec la Collection Femme Resort 2016.

 

Source: Style.com

Entrons maintenant dans la volière colorée de Dolce & Gabbana où oiseaux exotiques et inspirations asiatiques cohabitent. Les imprimés y ont une part considérable. Ils sont sans aucun doute plus poétiques que ceux de Gucci et souvent mélangés à des imprimés plus graphiques qui les adoucissent. L’exercice est risqué mais le résultat a le mérite d’être à la fois spectaculaire et efficace.

Source: Style.com

Globalement, ces journées milanaises nous offrent un luxe tapageur très provocant et sans fond. D’abord une absence de retenue dans les imprimés. Valentino a définitivement fait des émules dans l’utilisation de ceux-ci en version papier peint et tapisserie. Malheureusement tout le monde n’a pas le talent du duo.

Une farandole de couleurs, toujours plaisante à admirer sur un podium, un peu plus délicate en terme de vente.

Peu de recherche sur la forme à l’inverse des propositions éclectiques de Londres.

Enfin pas de parti pris fort sur le pantalon large comme à Londres malgré quelques tentatives timides de faire évoluer celui-ci chez Ermenegildo Zegna, Prada et Gucci, Gucci nous proposant un pantalon version 70’s qui n’a rien de nouveau.

Je ne suis pas sûre que ces présentations sortent le prêt-à-porter masculin italien de l’ornière.